<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://livresetc.hautetfort.com/nouvelles/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>Livresetc - nouvelles</title>
<description>Culture et inculture en un seul blog</description>
<link>http://livresetc.hautetfort.com/nouvelles/</link>
<lastBuildDate>Sun, 20 Dec 2009 20:20:38 +0100</lastBuildDate>
<generator>HautetFort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://livresetc.hautetfort.com/archive/2008/07/08/les-cliches-ont-la-vie-dure.html</guid>
<title>Les clichés ont la vie dure</title>
<link>http://livresetc.hautetfort.com/archive/2008/07/08/les-cliches-ont-la-vie-dure.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (frany ou bilbi c&amp;#039;est selon...)</author>
<category>Nouvelles</category>
<pubDate>Tue, 09 Sep 2008 20:03:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Il ne pouvait en être autrement. Depuis qu’elle attendait ce moment. Plus que quelques instants et elle aussi allait rencontrer l’homme de sa vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ses amies et elle patientaient depuis des jours dans cette salle sordide et pleine d’une odeur âcre formée par les différentes effluves des parfums des candidates au mariage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Puis, une à une ses amies l’avaient quittée et avaient franchi la porte verte au fond du couloir. Cette porte représentait l’étape finale à ce lent processus de sélection des épouses modèles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Elle se rappelait avec nostalgie le moment où elle avait reçu la lettre tant convoitée, envoyée par le BPC, le Bureau de Placement des Célibataires. Ce bureau, chargé de mettre en contact des hommes et des femmes qui souhaitaient trouver l’âme sœur, était le seul à garantir à 100 % à la fois la qualité des jeunes gens et la réussite du mariage. Le terme de qualité l’avait, il est vrai, un peu choquée dans la mesure où elle était pleinement consciente que l’homme ou la femme parfaite n’existe pas. Mais bon, il ne s’agissait après tout que d’un argument publicitaire, comme ceux utilisés par tout autre agence matrimoniale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Au suivant ! »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre jeune femme venait de franchir le seuil de la porte. Le jeune homme assis le bureau de l’accueil appuya sur un bouton et l’écran afficha 533. Son numéro. Elle serait donc la prochaine à pénétrer dans la pièce du fond. Elle se mit à rêver de son « promis » : grand, dans les un mètre quatre-vingt, yeux bleus, cheveux châtains, sportif, avec une bonne situation et aimant les peintres flamands. Les hommes qui avaient partagé quelques mois sa vie ne remplissaient jamais toutes ces conditions, après tout c’était mieux ainsi : « les opposés s’attirent », dit le proverbe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Au suivant ! »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin. Elle ne pouvait plus faire machine arrière. Elle vérifia tout de même que c’était le numéro 533 que l’employé appelait puis se leva et donna un dernier coup d’œil aux autres futures mariées présentes dans la salle d’attente et elle franchit la porte verte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle fut déçue car aucun prince charmant ne l’attendait. La pièce ressemblait à une de ces petites chapelles qui fourmillent à Las Vegas et qu’elle avait vu au cinéma. Le curé se trouvait derrière un pupitre et attendait de célébrer un autre mariage. Elle ne le connaissait pas, tout comme les autres personnes présentes. Un organiste et deux femmes. Sans doute les témoins, pensa-t-elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Se retrouver seule comme cela lui donna le tournis, elle aurait voulu que sa meilleure amie soit là ou au moins ses parents. Mais elle n’eut pas le temps de se lamenter plus car une porte sur le côté s’ouvrit. C’était l’homme du BPC qui l’avait aidée à remplir son contrat et à définir le profil de son homme idéal. Il s’approcha d’elle et ils se serrèrent la main. Il la conduisit ensuite dans la pièce d’où il était sorti. Il y avait des robes de mariée de toutes les tailles sur des penderies et un paravent dans un coin. Elle choisit une robe de dentelle qui lui donnait un faux air de Scarlett O’Hara. Elle la passa et l’homme lui donna le bras pour la conduire à l’autel, comme un père l’aurait fait pour sa fille chérie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Cette porte était bel et bien la dernière qu’elle aurait à franchir avant de devenir Mme X. Elle retint l’homme pour lui demander son nom de femme mariée. Il eut un sourire embêté – ou bien était-ce agacé et répondit qu’il n’arrivait pas à se souvenir des noms de tous les candidats au mariage. C’est bien normal, s’entendit-elle répondre et l’homme ouvrit la porte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle se sentit tomber et se réveilla en sursaut. Heureusement, tout cela n’était qu’un cauchemar. Elle était toujours célibataire et pas Mme Lafouine. Quelle horreur !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle se leva et se dirigea vers la cuisine. Elle crut s’évanouir. Un homme était assis et prenait son petit-déjeuner ! Il avait la tête baissée mais elle savait déjà à quoi il ressemblerait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Bonjour, chérie. Bien dormi ? »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son mari s’était levé pour l’embrasser. Il lui ressemblait trait pour trait, sauf… que c’était un homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Qui se ressemble s’assemble », dit le proverbe. Elle l’avait oublié quand, cinq ans auparavant, elle s’était inscrite au Bureau des Placements des Célibataires.&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://livresetc.hautetfort.com/archive/2008/07/08/une-journee-comme-les-autres.html</guid>
<title>Une journée comme les autres</title>
<link>http://livresetc.hautetfort.com/archive/2008/07/08/une-journee-comme-les-autres.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (frany ou bilbi c&amp;#039;est selon...)</author>
<category>Nouvelles</category>
<pubDate>Wed, 20 Aug 2008 20:02:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Sa montre affichait 9 h 15. Avec ces embouteillages sur la rocade, il allait être en retard…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Alors qu’il s’était levé très tôt pour éviter le flot des co-voitureurs, il se retrouvait maintenant coincé entre un vieux pick-up et un poids-lourd qui lui bouchait l’horizon. Il détestait les embouteillages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Il monta le volume de son autoradio et pris un des paquets de biscuits qu’il avait pris l’habitude de stocker dans sa boîte à gants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Depuis que la loi sur le co-voiturage existait, il était devenu un Asocial comme le A apposé sur le coffre de sa voiture le signifiait. Ce qui le rassurait, c’est qu’il n’était pas le seul à ne pas prendre de passagers le matin. Les A étaient juste un peu moins nombreux au fil des jours…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La file de voitures avança de quelques mètres et il put apercevoir un autre Asocial. Jusqu’à récemment, il n’avait pas conscience de faire partie de la minorité. Il avait toujours eu pour règle de ne pas prendre d’auto-stoppeurs. Point.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si ses collègues ou ses amis étaient en panne de voiture, il les amenait au travail ou bien faire leurs courses. C’était évident pour lui de le faire et ça ne dépendait d’aucune loi, si ce n’est celle donnée par son éducation. Et maintenant, c’était un A parce que c’était la loi et qu’il avait acheté une voiture. En fait, il avait choisi A par défaut. Il ne se sentait aucunement en marge de la société et était même doué côté relations humaines – surtout avec le sexe opposé, d’ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, en achetant sa voiture, il avait coché A sur le formulaire parce que la catégorie B (Bénévoles) était réservée aux taxis, aux transports publics – terme regroupant aussi bien les bus que les paniers à salade et ambulances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant à cocher C, et être un Civilisé, il n’en avait pas vu l’intérêt puisque d’une part il avait laissé tomber depuis longtemps la peau de bête et le gourdin et qu’il pensant comme allant de soi de rendre service à ses amis et collègues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De toute façon, on était toujours en démocratie et les Asociaux restaient des citoyens comme les autres, même s’ils se sentaient de plus en plus isolés et humiliés chaque jour. Et voilà ! C’était pour cela qu’il avait les embouteillages en horreur : ils étaient autant de moments propices à broyer du noir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne put s’empêcher de pousser un juron et de donner un coup de klaxon. Il savait pourtant que les voitures n’allaient pas avancer plus vite et surtout, il allait se faire remarquer encore plus. Il n’avait pas besoin de cela. Il savait qu’en arrivant en retard au bureau, ses collègues lui lanceraient le « Tu sais que les gens civilisés arrivent à l’heure ? » habituel. Il savait aussi que pour certains d’entre eux, c’était surtout un rituel mais pour d’autres, c’était une façon à peine voilée de lui témoigner un mépris certain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il était déjà 9 h 45 et il lui restait encore un kilomètre à parcourir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A cette allure, il n’arriverait pas à l’agence avant 11 h. Même les jours où ça circulait mal, il ne mettait généralement pas plus d’une heure pour arriver sur son lieu de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Il doit y avoir eu un accident » pensa-t-il tout haut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se décida à sortir de la voiture pour voir au-delà du camion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L’air frais lui fit du bien et il prit une profonde inspiration. Il n’était pas le seul à avoir voulu connaître la raison de ce ralentissement. Des dizaines de personnes avaient eu la même idée et discutaient entre elles. Il n’apercevait aucun gyrophare qui aurait pu lui confirmer un accident. Il était soulagé mais aussi perplexe par l’ampleur de l’embouteillage de ce matin. Tout le monde partait travailler à la même heure et cela ralentissait la circulation, mais sans plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Il fixa sur attention sur un groupe de jeunes cadres en costume noir et se demanda si les gens civilisés portaient tous les mêmes vêtements. Il faillit dire les mêmes uniformes…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Une main se posa sur son épaule. Il se retourna brusquement pour voir qu’il s’agissait du conducteur du pick-up.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; « On n’en est pas encore sorti, hein, mon gars ? Tu veux une cigarette ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Je ne fume pas, s’entendit-il répondre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - C’est vrai que les Asociaux ont déjà assez de problèmes comme ça !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Que voulez-vous dire, répondit-il d’une voix agacée.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Hé, je plaisante. Si je suis Civilisé, c’est parce que j’ai une famille nombreuse et qu’au lieu de transporter des gens que je ne connais pas, je préfère encore prendre avec moi ma femme et ma belle-mère !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - C’est pas légal, vous savez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Ne me dis pas que tu vas me dénoncer, p’tit !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - En tant qu’Asocial, j’aurais du mal à prouver qu’un Civilisé est en tort. Vous avez oublié ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L’homme, qui devait avoir une soixantaine d’années rit d’un rire franc. Il retourna à son véhicule et revient avec une bouteille d’eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Je m’appelle Claude Vanier. Et toi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Thomas. Thomas Laval. Vous pensez qu’on en a encore pour longtemps ? Moi, j’ai l’impression qu’on va passer la journée ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Je ne sais pas. Apparemment, avec le co-voiturage, le nombre de voitures sur cet itinéraire a augmenté mais pas la taille de la route.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Vous voulez dire qu’on est coincés… coincés ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Oui. En tant que catégorie C, j’ai droit à la RNC. Elle nous a informés qu’une&amp;nbsp; voiture est tombée en panne près de la sortie 15 et que les dépanneurs ont essayé de passer mais ont tout juste réussi à se coincer eux, et toute la rocade avec !!!! »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Thomas Laval éclata de rire et les costumes-cravates lui jetèrent un regard mauvais. Il les salua de la main et demanda à Claude :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Que conseille de faire la Radio de la Nation Civilisée ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Tu veux dire de la Nation Coincée, plutôt. Bah, rien. Elle est là pour nous informer de la situation, c’est tout. Pour donner des solutions, c’est une autre affaire !!!!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Il doit bien y avoir quelque chose à faire, non ? Laissez-moi réfléchir un instant. »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Thomas finissait sa phrase quand les voitures redémarrèrent pour s’arrêter quelques centaines de mètres plus loin. Lui et Claude remontèrent en voiture pour reprendre leur place dans la file ininterrompue. Avoir eu cette conversation lui avait fait du bien et lui avait remonté le moral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il savait que les gouvernants actuels étaient devenus fous. Il était Asocial, peut-être, mais il n’aurait pas bloqué des centaines de véhicules sur une rocade un matin de mai !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se souvenait avoir lu dans un livre d’histoire qu’il était arrivé que des automobilistes soient bloqués sur les routes par la neige, par exemple et que la situation s’était finalement débloquée d’elle-même.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant le co-voiturage n’existait pas ou du moins n’était pas « fortement conseillé ». Tout le monde faisait ce qu’il voulait et ça ne signifiait pas pour autant l’anarchie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la démocratie actuelle, les relations sociales étaient devenues des lois alors qu’auparavant elles étaient naturelles. Après, c’était à chaque individu de voir dans quelles proportions il allait s’associer avec un autre individu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Thomas soupira et mangea encore des biscuits. Après plus d’une heure et demie dans cet embouteillage, il commençait à désespérer quand le camion devant lui redémarra, pour de bon cette fois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; En arrivant à hauteur de la sortie 15, il ne vit aucune trace d’une voiture en panne. Peut-être que Claude s’était trompé ou inventé cette histoire pour sympathiser avec lui parce qu’il était en infraction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Thomas ne se rendit même pas compte qu’il venait de reprendre sa place d’Asocial en qualifiant Claude de menteur seulement parce qu’il faisait partie d’une autre catégorie que lui et que, de fait il ne pouvait pas lui faire confiance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C’était comme si pendant cette courte période d’attente, les automobilistes n’avaient fait qu’un, unis par un sentiment de solidarité et que, au fur et à mesure que la situation s’était désengorgée, ils étaient retournés dans les cases que le gouvernement leur avait assigné et qu’ils subissaient sans mot dire.&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://livresetc.hautetfort.com/archive/2008/07/08/petite-lecon-de-democratie.html</guid>
<title>Petite leçon de démocratie</title>
<link>http://livresetc.hautetfort.com/archive/2008/07/08/petite-lecon-de-democratie.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (frany ou bilbi c&amp;#039;est selon...)</author>
<category>Nouvelles</category>
<pubDate>Wed, 13 Aug 2008 21:15:13 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Hier encore, ils savouraient la vie. Ils ont disparu aujourd’hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Julie et Stéphane vont se marier. Ils sont amoureux depuis la maternelle, même si au début cela n’était pas vraiment évident. A quatre ans, Stéphane avait fait manger à Julie des petits vers qu’il s’était appliqué à couper en morceaux pour mieux les faire ressembler à des bonbons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il lui avait dit que c’étaient des bonbons des ‘tazunis et que c’était pour cela qu’ils avaient ce goût-là. Julie avait été malade pendant une semaine et lui, avait reçu une bonne fessée.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux ans plus tard, Julie avait raconté à tout le monde que Stéphane faisait&amp;nbsp; pipi au lit et dormait avec une Barbie. Ces deux rumeurs le poursuivirent jusqu’au cours moyen. Julie ne fait pas trop de blagues, mais quand cela lui arrive, elles sont diablement efficaces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; A l’adolescence, les mots doux et les baisers volés avaient succédé aux puérils tirages de couette et à l’âge de vingt-deux ans, ils ont décidé de se marier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Ils ne sont jamais arrivés jusqu’à l’autel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis l’avènement de la FOL, la Fondation de l’Observation de la Loi, la vie n’est plus la même. Tout est géré par un tas de règles auxquelles seuls les membres permanents de la Fondation échappaient. Pour certains habitants, cela semblait bien injuste, mais aucune loi ne les&amp;nbsp; autorisait à se révolter ou même à critiquer le système en place. Alors, tous laissaient faire, même si certains jugeaient les dirigeants plus obsédés par l’établissement de lois que par sa bonne application.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L’idée était simple. La place sur la planète n’étant pas infinie, il fallait définir des quotas pour la population. Les experts avaient estimé, par de savants calculs, que si deux jeunes adultes mouraient par jour, la planète ne serait jamais en sureffectif. Ceci paraissait barbare mais en fait, cela démontrait bien à quel point la FOL se souciait de l’existence en général de la démocratie en particulier. De l’existence d’abord, car il ne s’agissait pas d’empêcher les gens de devenir parents et donc de remettre en question le miracle de la vie et de la démocratie ensuite, car les morts quotidiennes pouvaient frapper n’importe quel individu, qu’il soit ou non en bonne santé, en prison ou non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Anciens jugeaient tout ce charabia de mauvaise foi puisque le résultat était la mort de deux innocents. Toutefois, au fil du temps, ces deux morts étaient devenues un aléa de la vie, comme peut l’être un cancer ou un accident d’avion.&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://livresetc.hautetfort.com/archive/2008/07/08/reve-d-un-jour.html</guid>
<title>Rêve d'un jour</title>
<link>http://livresetc.hautetfort.com/archive/2008/07/08/reve-d-un-jour.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (frany ou bilbi c&amp;#039;est selon...)</author>
<category>Nouvelles</category>
<pubDate>Sun, 03 Aug 2008 20:12:48 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;C’est une belle fin de journée. Un jeune homme est assis sous un pommier : il rêve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle est là assise à quelques tables de Lui. Elle doit avoir trente ans, pense-t-il. Elle semble sûre d’elle mais son regard est inquiet. Il ne comprend pas qu’elle puisse l’intéresser, ils ne sont pas du même monde. Lui travaille pour les Forts. Il a reçu depuis peu son badge bleu. Il le porte sur lui avec fierté. Il n’est plus un Fragile. Bientôt, il pourra accéder à l’immortalité, les Forts le lui ont dit au moment de son intronisation. Il aime savoir qu’il a un avenir maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Eh, tu rêves 2678 ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Mmm, grommelle-t-il.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Tu m’entends ? 2678 ? Frank ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Ne m’appelle pas Frank, 2675. Il n’y a plus de Frank. Frank est mort la semaine dernière.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Ouais, alors je parle à son fantôme, c’est ça ? »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne peut s’empêcher de sourire. Lui et 2675 se connaissent depuis des années. La guerre les avaient séparés, la paix les a à nouveau réunis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Les rêves sont la marque des Fragiles, déclare-t-il. Je ne rêve pas. Je réfléchis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Toute réflexion ou pensée personnelle doit faire l’objet d’une demande auprès du bureau de l’Egoïsme. Tu vois, moi aussi je connais le Code des Néomortels. Et puis, je sais que cette fille te plaît. Mais elle est sur la Liste. »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur la Liste… Il le savait. C’était toujours comme ça. Les Fragiles étaient envoyés au Pays pour aider les Forts à bâtir de nouvelles cités. Il aurait aimé participer à cette entreprise. C’était pour cela qu’il avait oublié sa famille, perdu son nom. Mais en tant que novice, il devait se contenter de rester assis là à siroter une boisson insipide et à empêcher qu’hommes et femmes de races différentes ne se mêlent. Pourtant, cette fille…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Comment sais-tu qu’elle est sur la liste, 2675 ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - La Liste est affichée à l’Académie. Il y avait sa photo. Je crois que je la connais… connaissais, je veux dire. Je sais que j’aurais dû tout oublier de mon passé, de ma vie d’avant la venue des Forts, mais je n’ai pas pu, pas voulu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Tu sais ce que tu risques ? Les instructeurs nous ont bien prévenu : un faux pas et nous redevenons des Fragiles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Forts, Fragiles. Je m’en fous. Je m’appelle Paul, j’ai 30 ans et un doctorat de mathématiques. Et comme elle, je suis Humain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Je crois surtout que tu es dingue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Non, je sais qui je suis. Le Paul d’hier et le 2675 d’aujourd’hui vont aller offrir un verre à cette nana…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - T’es un beau salaud. Et en plus, tu n’as pas le droit. Nous avons accepter de faire appliquer le règlement et c’est ce que nous allons faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Tu dis ça parce que t’as la trouille d’accoster cette gonzesse, t’étais pareil au lycée. Tu te souviens d’Angela ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Frank est abattu. Lui qui croyait avoir réussi à oublier cette époque venait d’y replonger en un millième de seconde. Angela avait été sa première petite amie. C’est avec elle qu’il avait découvert l’amour et il se souvenait de tout. Ses années de lycée lui avaient donné ses plus belles expériences et son meilleur ami. Il se souvenait de tout, des odeurs, des sensations, des gens…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Je ne vois pas de qui tu parles, eut-il le culot de répondre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Ouais, c’est ça. Tu ne viens pas alors ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Si elle est sur la Liste, elle partira ce soir de toute façon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - On est tous condamnés à partir pour le Pays, Frank.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Condamnés ? C’est un pays, pas une prison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; - Si tu le dis. »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C’est vrai qu’il se sentait de moins en moins pressé d’être appelé à son tour pour partir. Il y a une heure, s’il y avait eu une mission à remplir au Pays, il aurait été volontaire sans hésiter, maintenant…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; D’ailleurs, plus il essayait de réciter les articles du Code des Néomortels, plus il sentait le doute s’insinuer en lui. Un doute qui ferait s’effondrer ses convictions de collaborateur et qui justifierait son désir envers cette jeune femme. Il avait été un Fragile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour lui, devenir Néomortel était une promotion en quelque sorte, une reconnaissance des Forts. Et puis, il se considérait toujours humain – mortel, comme disaient les Forts. Il avait voulu servir à quelque chose, devenir quelqu’un. Ses instructeurs avaient parlé de période de doutes, et peut-être devrait-il se rendre au Service de la Certitude pour que les thérapeutes l’aident dans sa « reconstruction mentale », comme ils l’appelaient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Il vit Paul avec la jeune femme. Elle souriait. Personne ne semblait prêter attention à cette conduite illégale, contre-nature, faillit-il penser. Il y avait des Forts aux tables voisines, et il était évident que Paul et la jeune femme étaient des Humains, pourquoi ne réagissaient-ils pas ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Je suis humain comme elle » avait dit Paul. Et lui, ne l’était-il plus ? Il regarda la jeune femme puis Paul. Il était comme lui, il était comme eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D’un geste machinal, il toucha son badge bleu du bout des doigts. Il voulait servir les Forts. Et s’il s’était trompé ? Si les Fragiles étaient conduits contre leur gré au Pays ? Paul avait parlé de prison. Et puis, jusqu’à ce jour, il avait toujours pensé que son avenir était là-bas, aujourd’hui il voyait s’entrouvrir un futur avec Elle. Et en ce moment, Elle était avec Paul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Il vida son verre, se leva, salua plusieurs Forts et franchit les quelques mètres qui le séparaient de la jeune femme et de son ami.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; « Bonjour, Mademoiselle. Je m’appelle Frank, j’ai trente ans et j’ai un doctorat de géographie. »&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le jeune homme assis sous le pommier étire bras et jambes. Il doit être ici depuis des heures. Il a emprunté des sentiers qui lui sont normalement défendus car il a accès à un luxe que peu de Forts exploite : les rêves.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C’est la seule chose qu’il a pris aux mortels, si ce n’est… la vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les thérapeutes envoyés aux terriens le qualifieraient de cynique. Mais c’est un Fort. Il a tué des millions de mortels au Pays. Il tuera sûrement des Forts un jour. C’est pour cela qu’il rêve. Tuer des humains lui est facile car ils ne représentent rien pour lui. Tuer des Forts sera tuer des semblables, des frères et des sœurs, mais il y arrivera, il en est convaincu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ses rêves, les Fragiles et les Néomortels sont anormalement pleins d’ambitions et de courage. Cela les rend à ses yeux dignes d’estime. Cette même estime qu’il porte à ceux de sa race. Quand il n’aura plus de remords à l’idée de détruire ceux-là même qu’il vénère encore aujourd’hui : son Dessein pourra s’accomplir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Mais pour l’heure, ce jeune homme doit continuer la tâche qui lui a été confiée : s’occuper des Fragiles, cette race mortelle que la Terre crée depuis des millions d’années.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des millions d’années gaspillées à essayer de vivre en communauté, à s’aider les uns les autres. Pour quel résultat ? Bien sûr, il y a les Néomortels, ceux qui savent que notre venue est un bienfait pour l’humanité, que travailler pour nous est l’unique façon de s’enrichir et de survivre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceux-là, nous avons décidé de leur laisser une chance. Peut-être les sauverons-nous… peut-être.&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
</channel>
</rss>