25.04.2009
Taboo
Hier, je suis allée jouer à Taboo !
C'était une partie entre entendants et sourds et...
ma première occasion de rencontrer vraiment des sourds.
J'avoue que j'ai surtout dit "bonjour", "merci" mais que j'ai pu dire mon métier, que je venais de Chambéry.
En sorte, j'ai replacé les quelques phrases de base que j'avais apprises au cours de ma semaine intensive de LSF.
C'était vraiment un moment sympa.
Nous étions en équipe mixte (entendants et sourds mélangés) et nous avons joué pendant près de deux heures à Taboo.
J'ai surtout parlé avec des sourds qui oralisaient, c'est-à-dire qu'ils parlaient bien.
J'ai tout de même échangé quelques phrases avec d'autres personnes en faisant ce que je pouvais pour exprimer ce que je voulais dire.
En tout cas, je me débaptise "poil dans la main" et je deviens "tic de remettre ses lunettes en place" parce que c'est pas évident quand on débute en LSF d'expliquer pourquoi je m'appelle "fainéante".
Pourtant, je m'étais entraînée à faire de vraies phrases mais le moment venu, j'ai évidemment fait au plus rapide et je ne suis pas du tout sûre d'avoir été comprise.
Déjà quand je parle, je suis pas toujours claire, alors là, s'il faut que je signe ce que je veux dire, c'est pas gagné pour mon interlocuteur...
En tout cas, en juin est prévu un pique-nique à Chambéry : j'en serais !
14:55 Publié dans Culture sourde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : taboo, sourds, jeu, adis
19.04.2009
Semaine intensive LSF - Part Three
Voici le temps venu de dresser le bilan de cette semaine.
Je suis ravie d'avoir suivi cette formation.
J'avais envie de le faire depuis longtemps.
Incroyable tout ce qu'on peut emmagasiner comme savoir en une semaine.
Je n'ai pas eu encore l'occasion de dire qu'à la fin de la semaine, il y a eu une évaluation et pour tout dire, j'étais démoralisée en sortant.
Ceux qui me connaissent savent que j'ai la confiance en soi d'une grenouille (j'sais pas pourquoi, c'est cet animal qui m'est venu à l'esprit...) et que ça ne pouvait pas être objectif.
Ce que je n'ai pas apprécié dans ma prestation, c'est qu'à certains moments, je comprenais pas la question.
Pas ce qu'elle voulait dire, mais ce qu'il fallait que je réponde.
Je vous explique.
"L'examinatrice" me demande ce que j'ai mangé.
Et bien, j'ai même pas compris qu'elle attendait de moi que je réponde en signant "petit déjeuner, déjeuner, dîner".
Et puis, j'ai zappé en grande partie, les expressions du visage.
Bref. Des gros moments de blanc.
Comme si j'avais pas suivi tous les cours de la semaine...
J'étais tellement dégoûtée que j'ai écrit aux formatrices pour leur dire que j'étais dégoûtée.
Quelle cruche !
Hier, alors que nous devions attendre une semaine les résultats, l'enveloppe fatidique était dans ma boîte aux lettres...
Et...
J'AI UN BEAU DIPLOME !
Je suis trop contente !!!
Suivant les points évalués, j'obtiens des résultats entre la note minimale et la note maximale.
Ceci reflète parfaitement ce que j'ai fait pendant les vingt minutes qu'elle aura durée.
L'année prochaine, je suivrai le niveau deux.
C'est sûr !
12:18 Publié dans Culture sourde, C'est mon travail... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : lsf, sourds, handicap, cours, adis, langue des signes
Semaine intensive LSF - Part Two
Après les raisons de mon souhait d'apprendre la LSF, voici le moment de parler un peu contenu de stage.
Qu'ai-je appris pendant cette semaine ?
Vous imaginez bien qu'en une semaine on a le temps d'en voir des choses...
Je vais vous en faire l'énumération :
- La dactylologie (l'alphabet LSF),
- Les prénoms (les nôtres et ceux de personnes célèbres)
- La description physique d'un visage (cheveux, yeux, barbes, etc.)
- Quelques règles de grammaire,
- Les mots de la famille (père, papa, maman, tante, etc.),
- La description d'objets et de personnes (gros, maigre, fin, etc.),
- Les mots des moyens de transport,
- Les nombres,
- Les mots des métiers et des magasins,
- Les mots du calendrier (mois, jours, dates, anniversaire, fêtes, etc.),
- Les mots du "temps" (hier, demain, etc.),
- Les couleurs,
- Les mots de la géographie (Rhône-Alpes, Savoie, etc.),
- Le quotidien des personnes sourdes (musique, télévision, téléphone, etc.),
- L'heure,
- La durée,
- Les fruits,
- Les légumes,
- Les mots des émotions (joyeux, gourmand, etc.)
- Les différentes questions (qui ? quoi ? comment ? Où ?, etc.),
Ajoutez à ceci que nous avons été filmés expliquant une recette de cuisine et que le visage et ses expressions sont partis intégrante de la LSF, vous devez vous demander comment c'est possible d'apprendre tout ça !
Et bien, je vous dirais, qu'en 42 heures, vous pouvez apprendre les premières bases de cette langue !
Place au mime !
Nous étions 8 à suivre le stage.
J'ai oublié de dire que la formatrice était formidable.
Nous devions porter des boules quiès pendant les cours alors tout n'était que signes, mime pour nous apprendre.
Bien sûr, plusieurs fois, nous avons été reprises à l'ordre car nous bavardions...
A vrai dire, à la fin, on bavardait mais en signe, dans la mesure du possible, entendons-nous bien.
Bref.
Il a fallu aller au tableau faire découvrir à nos petits camarades des fruits et des légumes.
Si certains avaient des fruits et autres aliments faciles à faire deviner, moi, avec mon pot habituel, j'ai dû faire deviner des corn-flakes !
Punaise, ce qu'on a pu se marrer !
D'autant que tout le monde a su que je fais un blocage, je confonds toujours l'ail et l'oignon, je crois que c'est foutu pour moi !
D'accord, je suis pas une grande cuisinière mais là, c'est même pas ça, c'est vraiment que je pourrais jamais reconnaître ces deux trucs...
La formatrice regarde la mer devant elle et fait le signe pour bleu, elle lève la tête et refait le signe.
Pour une fois, mes synapses se connectent et je comprends qu'il s'agit du mot bleu et me voilà envoyée au tableau pour faire comprendre la couleur "bleu".
Première tentative : je me cogne dans un meuble, je fais le signe "bleu", personne comprend.
Je vais pour regagner ma place mais non !
Tant que mes camarades ne comprennent pas je dois continuer...
Bon, j'en suis à la cinquième tentative et ils n'ont toujours pas compris !!!
Je leur dit "la porte ici est bleue" et ben, c'est un flop !
Tout le monde s'est bien marré à me voir réfléchir, mimer mais ils ont rien compris !
La formatrice reprend les rênes et arrive à leur faire deviner.
C'est pô juste.
Hi hi.
En tout cas, en fin de stage, la formatrice m'a bien dit que je n'étais pas fainéante comme mon nom semble le laisser croire..
Je dois dire que faire du théâtre d'improvisation m'a bien servi.
On avait fait du mime pendant deux cours : le premier cours, le deuxième cours sur le mime.
La semaine prochaine, je vais jouer à Taboo avec des sourds et des entendants.
J'ai hâte d'y être.
Peut-être que je serais baptiser ce jour-là...
Vous voulez connaître le bilan de cette semaine ?
Attendez la prochaine note...
Des dictionnaires sur Internet
Comme pour le français parlé, la LSF comporte des accents régionaux.
C'est-à-dire que les signes peuvent différer d'une région à l'autre...
Liens utiles
Le portail d'information sur les sourds et la langue des signes françaises
11:58 Publié dans Culture sourde, C'est mon travail... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lsf, sourds, handicap, cours, adis, langue des signes
Semaine intensive LSF - Part One
Voilà.
J'ai attendu d'avoir terminé cette semaine intensive d'apprentissage de la langue des signes pour vous en parler.
En effet, je suis restée concentrée sur cette semaine de stage et n'ai pas fait grand'chose en dehors de recherches sur le net à propos de la surdité en général et de la LSF en particulier.
Pourquoi je veux parler LSF ?
Plusieurs raisons ont fait que j'ai souhaité suivre un formation en langue des signes cette année.
D'abord, d'un point de vue professionnel.
Peut-être que je vais faire "la vieille fonctionnaire" mais j'aime rendre service. C'est tout bête mais c'est le cas.
J'aime répondre aux questions des lecteurs qui viennent me voir au poste d'information, j'aime pouvoir communiquer avec eux.
Autant dire qu'à la bibliothèque dans laquelle je travaille, je parle à des vieux, des jeunes, des blancs, des noirs, des aveugles, des détenus.
Bref.
Toute la panoplie de notre société.
Si j'ai déjà eu l'occasion de renseigner des personnes sourdes, ce n'était pas très concluant. Aussi bien pour elles que pour moi.
Je faisais jusqu'à présent avec les moyens du bord mais désormais je vais pouvoir faire "un peu plus".
Et ça je trouve ça super !
Ensuite d'un point de vue personnel qui finalement découle directement de mon travail.
J'ai déjà eu l'occasion de dire que je participe chaque année à la sensibilisation de la population de ma ville aux différents types de handicap.
C'est souvent la même personne sourde qui représente l'association ADIS et chaque année, je ne peux communiquer directement avec elle.
Bon d'accord, j'ai bien compris comment on dit bonjour mais pourtant je ne franchis pas le pas de faire le signe...
Pour ceux qui liraient ce blog pour la première fois, je ne donne jamais de prénom et donc, les gens que je cite sont réduits à des "comédiens", "amis", "collègues" et ici, "personne sourde"...
Que les choses soient claires, ça n'a rien de méprisant.
Non, mais ! Et puis quoi alors !
Je suis quelqu'un de plutôt timide même si ça ne se voit pas toujours.
Je veux dire que je fais un boulot où faut parler à pleins de gens, je fais du théâtre d'improvisation.
Enfin, tout ça pour dire qu'enfin, à la première pause de cette semaine de cours intensive, j'ai pu m'adresser à cette personne DIRECTEMENT !
J'ai pu lui dire une phrase complète : "Mon prénom en langue des signes est poil dans la main".
J'étais trop fière !
Pourquoi "poil dans la main" ?
A vrai dire, j'ai choisi moi-même ce surnom.
Je souhaite garder cette réputation...
Au fil du temps, des collègues m'ont dit que je travaillais de "façon loufoque", de "manière nonchalante".
En somme, j'ai la même tête que mes neurones s'agitent ou pas.
Pour donner un exemple simple, à la bibliothèque, le mercredi peut être une journée très chargée, et les piles de livres à nettoyer s'accumulent rapidement.
Et bien, je les laisse s'accumuler les piles, je sais qu'elles sont là, mais je sais que j'en viendrais à bout alors je ne m'agite pas dans tous les sens, au lieu de faire trois petits voyages pour ranger, j'en ferais un gros et hop, le tour est joué, le raz-de-marée est résorbé, les lecteurs ont pu se ficher de ma figure en me voyant croûler sous les piles de livres.
Bref. Une journée de travail au boulot !
Il est vrai que ce nom de "poil dans la main" pourra surprendre des gens qui me rencontrent pour la première fois alors je vais peut-être devoir m'en séparer ou apprendre à signer une explication.
Sinon, quelqu'un m'a dit que je pouvais être appelée "lunettes" ou "dents écartées".... Euh, j'sais pas ce qui est mieux.
Pour ce que nous avons fait pendant cette semaine, je vous invite à lire une prochaine note.
11:43 Publié dans Culture sourde, C'est mon travail... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lsf, sourds, handicap, cours, adis, langue des signes
15.04.2009
Un point sur mes défis-lectures
J'ai terminé en mars dernier deux des trois défis-lectures.
Et oui !
Déjà !
Tellement paniquée à l'idée de ne pas les achever avant la fin de l'année que j'ai mis le turbo.
Je suis folle pour ceux qui ne le sauraient encore pas !
Défi Littérature policière des cinq continents
Les soldats de l'aube de Deon Meyer
With no one as witness d'Elizabeth George
Crime de sang de He Jiahong
La dernière tentation de Val McDermid
Et vous êtes priés d'assister au meurtre de de Ngaio Marsh
Alias Grace de Margaret Atwood
Seul dans Berlin d'Hans Fallada
Danse macabre de Stephen King
The Hitchiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams
Un vrai régal que de lire ces livres et de découvrir des dizaines de nouveaux livres à lire !
Et là, vous vous dites qu'il ne me reste que le Défi des Paresseux(ses) à relever...
Mais c'est sans compter sur la créativité des gens !
Catherine, celle-là même qui lançait il y a quelques temps le défi littérature policière des cinq continents propose désormais celui des littératures de l'imaginaire.
Et évidemment, je me suis inscrite !
Mais ce défi a commencé le - je cite, "4 avril 2009 (en hommage à Winston Smith le héros de 1984, de George Orwell) à...pas de date limite".
Cette idée de "pas de date limite" m'a plu et hop, emballé, c'est pesé.
Un défi de plus !
Ah là là, c'est pas comme si j'avais pas d'autres choses à faire que lire, LIRE, LIRE...
19:02 Publié dans Bookcrossing, Ce que j'aime lire... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livres, lecture, bookcrossing, jeux, défis
13.04.2009
De la difficulté d'être DJ...
Samedi, j'étais encore une fois DJ pour un spectacle d'improvisation.
J'aime faire le DJ !
D'aucun m'avait dit que j'avais créé "un trou d'énergie musicale" à l'occasion d'une de mes précédentes performances et je dois bien reconnaître qu'il y a eu des trous tout court.
Entre ma cervelle qui me fait oublier de remettre le son avant de lancer la musique et la technique qui me lâche, je me demande dans combien de temps je pourrais être au top...
La technique me lâche une fois
Hier, Winamp ne répond plus quand je lance la musique.
Gloops...
Quelques secondes plus tard, la lumière s'éteint sur scène.
J'était plutôt contente de cette "solidarité" mais il y a failli avoir le feu : un projecteur a rendu l'âme, une odeur de plastique brûlé a parfumé toute la première mi-temps...
Sans rire...
Grâce à un improvisateur, j'ai enfin compris que je dois caler les musiques aux bons endroits (avec Audacity, par exemple).
J'en étais restée à noter le bon endroit dans un petit carnet.
Vous allez me dire que j'aurais pu y penser toute seule. Surtout que c'est avec ce logiciel que je prépare la musique d'échauffement qui doit durer cinq minutes...
Mais mon cerveau est parfois lent et ma logique toute personnelle...
Je me disais que ça ne pourrait pas être pire qu'au match de la Saint-Valentin où j'ai perdu toutes mes listes de lecture sur Winamp à une trentaine de minutes du spectacle.
Sans parler de la musique d'entrée de l'arbitre que je n'avais toujours pas trouvée à dix minutes du début du match (celle choisie par le comédien-arbitre du soir ne fonctionnant pas correctement...)
Mais mon cerveau lent et Winamp qui ne répond plus prouvent bien que le poste de DJ n'est pas chose aisée.
Et puis....
D'habitude, le DJ est placé à côté de la régie et a une belle table et tout et tout.
Là, j'étais bien à côté de la régie... Enfin, pour ainsi dire...
Je me tenais sur le rang devant la table de la régie.
Autant dire que j'occupais à moi seule trois ou quatre places.
Pour tout vous dire, un gros cube me tenait lieu de table, j'avais juste la place pour caser ma souris.
Quant à mon disque dur externe, il était posé de travers sur un fauteuil.
Ah oui, j'ai dû passer les musiques que j'avais préparées du disque dur externe au disque dur interne (je suis naïve encore, j'ai toujours l'espoir que je n'aurais rien modifier en arrivant sur place...)
J'étais assise de trois-quarts.
Ce n'était pas la position ergonomique recommandée par la médecine...
Avec tous ces aléas, j'emmagasine de l'expérience au moins, n'est-ce pas ?
12:36 Publié dans Improvisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dj, musique, spectacle, theatre, improvisation, chambery, tics
04.04.2009
Le thérémine
Alors voilà.
A la bibliothèque, chaque mois, nous mettons des dizaines de nouveaux CD à la disposition des lecteurs.
Il faut que nous soyons très forts pour ne pas craquer et ne pas les emprunter !
Le lecteur, d'abord !
Non mais !
On est un service public ou quoi ?!!!
Bref.
Je cherche sur google qui est Angelo Moore (alias Dr. Madd Vibe) et je découvre que ce brave chanteur est un joueur de thérémine.
Théré quoi ?
Thérémine !
Wikipédia nous en donne la définition. Pour le dictionnaire informatisé de la langue française, il est inconnu au bataillon...
Je commence à voir qu'il y a des infos techniques auxquelles je ne vais rien comprendre (si, c'est vrai je vous assure), je fonce sur les liens proposés dans l'article et découvre cet instrument absolument INCROYABLE !
Vous jouez de la musique SANS LES MAINS !
Vous vous dites : "mais qu'est-ce qu'elle a encore fumé ?"
Mais rien !
Regardez ça ! C'est vers 3 minutes 35.
C'est dingue !
Il y a même ce joueur de thérémine sur YouTube qui partage ce qu'il fait et ce que font les autres dont les Daft Punk (vers 2 minutes 25) !
Je reste sans voix !
Allez, un dernier morceau pour la route !
17:33 Publié dans Ce que j'aime regarder..., Fourre-tout | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : instrument, musique, insolite, theremin, theremine
03.04.2009
Que d'émotions !
Hier, j'étais en colère !
Mais alors très en colère !
Pourquoi ?
Mon ordi est mort,
Je viens de payer les charges pour mon appartement,
EDF m'appelait pour la cinquième fois pour une enquête en s'adressant à moi avec le nom de l'ancienne propriétaire du numéro de téléphone,
J'ai racheté un ordi et j'avais paumé mes listes de lecture musicales,
Je ne savais pas si je pourrais transférer mon compte antivirus sur mon nouvel ordi gratuitement,
Je suis arrivée en retard à l'impro...
Bref.
Comment dire ?
Je ne savais pas comment j'allais pouvoir faire quelque chose de ces deux heures de cours.
Le prof nous annonce que nous allions travailler sur les émotions.
Chouette ! Pour la colère, je suis prête !
Mais je ne savais pas si je pourrais me concentrer.
Finalement, le petit moment de relaxation m'a été profitable puisque je n'avais plus cette haine en moi qui m'aurait bien fait rester chez moi si je n'étais pas autant motivée pour apprendre à improviser !
Pour travailler les émotions, nous nous mettons en ligne, face à face.
Nous devons avancer vers l'autre très lentement, dans l'émotion que le prof nous donne.
Nous devons avancer sans parler, mais en vivant une "vraie" émotion, allant jusqu'à son paroxysme...
Nous passons chacun dans quatre émotions : la joie, la colère, la tristesse, l'amour.
C'est vraiment difficile pour moi.
Je vais trop vite, et je ne me lâche pas assez.
Pour nous aider à mieux exprimer notre émotion, il faut que "ça parte des tripes", il n'est pas question d'en faire des caisses, mais de "jouer juste", d'"être vrai".
Nous devons "marcher dans l'espace" et se créer un personnage simple : un prénom, un âge, un métier.
J'ai mis pas mal de temps pour lui trouver une occupation à mon personnage.
Finalement, je serais Bénédicte, une femme de 40 ans qui, depuis un an a quitté son travail, et parcours le monde le carnet de dessin à la main et qui prend le temps de prendre le temps.
En deux improvisations solo, nous sommes passés du rire aux larmes.
La première impro doit être gaie.
Plutôt facile...
Bénédicte n'aimait pas la pluie. Maintenant, elle aime tous les types de temps. Qu'il pleuve, neige ou vente, elle part dans la campagne par exemple pour croquer la nature.
A quarante ans, elle l'avoue elle-même, c'est peut-être un peu ridicule de partir à la chasse aux escargots mais elle porte désormais un nouveau regard sur le monde.
La deuxième impro s'enchaîne quelques poignées de secondes après, juste le temps de sortir d'une émotion pour rentrer dans une autre.
Et là, aussi bien le comédien sur scène que les comédiens restés dans le public ressentent une émotion très forte.
En l'occurrence, l'impro doit être triste et nombreux sont ceux qui ne peuvent terminer leur histoire ou la termine les larmes aux yeux.
C'est mon cas.
D'ailleurs, j'aurais aimé conclure mon impro différemment, j'aurais aimé pouvoir faire un silence, pour respirer un bon coup et l'énoncer mais impossible.
Ma dernière phrase, enfin, celle qui a fait monter une grosse larme dans mon oeil droit, a été tellement sincèrement et tristement vécue que je n'ai pas voulu aller plus loin et que j'ai quitté la scène à peine l'avoir eu prononcée.
J'ai pu être aussi "juste" dans l'émotion parce que j'ai évoqué quelque chose qui me touchait personnellement.
C'est d'ailleurs ce que de nombreuses personnes ont fait dans cette improvisation.
Vous avez remarqué comment, même sur cette note, je repousse le moment où je vais devoir vous résumer mon impro ?
Mon personnage, Bénédicte a parlé de sa grand-mère qui lui a appris à dessiner quand elle a eu 6 ans. Elle passait ses vacances chez elle et elle se souvenait de la callosité de la main de sa grand-mère et puis elle a dit qu'à l'adolescence, elle avait arrêtée d'aller la voir. Et en se promenant sur la plage, quand elle avait vu une maman main dans la main avec sa fille pour lui montrer comment dessiner, elle avait pensé à sa grand-mère. Elle avait alors décidé d'aller se recueillir sur sa tombe, elle ne l'avait pas revue depuis ses 15 ans...
Des détails techniques à régler comme poser sa voix, accepter les silences, arrêter de bouger, regarder le public dans les yeux mais de magnifiques impros !
13:29 Publié dans Improvisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : improvisation, theatre, tics, emotion, rire, larme


